Publié par : tippytoe | juin 1, 2009

Rosario + Vampire

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Amateurs de jeunes cruches aux petites culottes en pleine crise d’adolescence, Rosario+Vampire est fait pour vous !
Pour un premier essai, Akihisa Ikeda a pondu un joli petit manga plein de bonnes volontés, de causes « profondes » et de jolis petits monstres pré-pubères. Malheureusement les failles du débutant sont omniprésentes et touchent même le dessin. Des personnages pas assez recherchés, des gags 95% purs clichés du shonen, au ras du bulbe et recyclables tous les 2 tomes, une histoire qui peine à avancer mais pas pour autant lassante. C’est du moins ce qu’on peut retenir des premiers volumes : l’auteur fait ses griffes !

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Tsukuné Aono, éternel boulet des études, et ses parents ont enfin trouvé un lycée qui veuille bien l’accueillir ! Loin, mystérieux, crado, inamical mais lycée quand même. Le jour de la rentrée, il découvre alors l’horreur dans laquelle il va devoir passer toute une année, un vrai décor d’Halloween.
C’est perdu dans la forêt qui précède l’école, qu’il rencontre Moka, vampire et étudiante à ses heures.
Un démon, quoi de plus naturel puisque nous sommes dans le lycée Yokai, QG d’apprentissage des monstres en herbe. Pays des succubes, trolls, loups-garous, sorcières et autres, ici on apprend à ses créatures à se fondre dans la masse humaine, même si la grande majorité ne souhaite que les écraser.
Par conséquent ici les humains ne sont pas tolérés et la sanction pour une intrusion est rude. Tsukuné est tiraillé de tous les côtés, deux choix se posent à lui: soit il rentre chez lui tant qu’il le peut, soit il reste pour Moka, cette tendre jeune fille sur qui il a des vues et qui, une fois son rosaire détaché, se transforme en sadique et belliqueuse vampire.

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Dépourvues de suite logique, les péripéties s’amassent et ne mènent nulle part, à tel point que l’on se demande vraiment quel est le but de ce Ô engagé manga.
Ikeda rame pendant de longs chapitres qui finissent parfois par se ressembler.
Ok, on a l’introduction de nouveaux personnages clés, on se découvre de nouveaux pouvoirs, mais où va-t-on ?
Sachant que quasiment tous les 2 à 3 chapitres sans transition nous est servi un nouveau “méchant” qui, sans motif valable, s’en prend à la bande de Tsukuné et finit illico en boîte de conserve, c’est à se demander si Ikeda ne prendrait pas plaisir à les faire combattre dans le vent, lui qui affirme que Rosario+Vampire est porteur d’un vent fraternel, (« Aimons-nous les uns les autres ! » ).
Néanmoins, ce manga errant sans but trouve, au bout du huitième tome, une raison d’être qui tient la route avec le clan des barbares et le comité exécutif du lycée Yokai. Pourvu que ça dure.

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En plus d’abriter des créatures démoniaques, le lycée Yokai abonde d’êtres mono-neuronaux, plus communément appelés « cruches », en majeure partie femelle. Et là, la palette est large Moka, Kurumu, Mizoré, Yukari, Nékonemé, Rubbi, faites vos paris ! Aucune de ces filles ne représente la sagesse féminine, la froideur de la guerrière, sauf éventuellement le côté vampire de Moka, mais qui à la longue nous lourde un petit peu.
Dans le genre classe monsieur Ikeda peut faire mieux, et c’est bien dommage qu’un personnage fort, vraiment marquant, ne soit pas incrusté, en plus du « côté obscur» de Tsukuné qui commence à devenir un brin intéressant.
Des bambins charmants, vraiment attachants, ça n’en doutez pas, mais trop limpides et psychologiquement peu intéressants, après peut-être que certains points obscurs vont être éclaircis (sur leur passé) et qu’on pourra enfin profiter d’une facette moins nunuche de tous ces bons Saints-Maritains aux phéromones survoltés.

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Comme tous shonen qui se respectent, Rosario+Vampire reprend les notions bateaux de l’amitié, de l’amour et du risque. Bases posées. Le tout, c’est de savoir jouer les tyrans vis-à-vis des lecteurs en se servant des rapports entre protagonistes, et sur cette case-là, Ikeda est assez bon. Le relationnel est peu travaillé concernant les personnages secondaires comme Kurumu, Mizoré, etc… dont on ne sait fichtrement rien. Depuis le début on ne note aucune d’évolution, c’est toujours « Je te saute dessus, Tsukuné ! » ; bref, il faudrait penser à s’occuper d’eux.

Quant à Moka et Tsukuné, nos deux protagonistes qui se tournent autour depuis le début, c’est avec joie et parfois douleur que l’on suit leurs ébats romanesques. Après s’être mitraillés à coup de « Je ne veux pas te blesser » et de moments post-érotiques, ils ont fait la paix et leur relation se base à présent sur la timidité et la crainte à un degré très différent :
Moka s’en veut d’avoir fait de lui un monstre, et de là part, à chaque moment fatidique, un profond sentiment de culpabilité et d’inquiétude qui ne peut que nous attendrir.
Tsukuné, lui, c’est surtout le type qui se laisse porter là où le courant l’emmène, plongé dans ce harem, il n’a jamais quitté la vampire des yeux, elle est toujours au centre du sujet.
Depuis que son côté goule a déboulé, ce pauvre petit ado est en proie à de sérieuses tentations pour ne pas dire perversions.

C’est en somme un renouveau de deux personnages puisqu’il nous sera impossible de les retrouver tels quels avant la concrétisation de leur amour (et encore); un renouveau des plus mélioratifs qui nous pousse à espérer qu’Ikeda signe ici l’élément déclencheur d’un relooking mental complet de ses enfants.

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En ouvrant le premier tome, certains se diront : « Berk ! On a trouvé pire qu’Inu Yasha », et ils n’auront pas tout à fait tort, le prologue n’est pas alléchant à première vue. Les personnages sont mal proportionnés, aucun charme apparent parce que très peu de détail, les expressions sont stéréotypées, bref de sacrés défauts qui nuisent au charisme des personnages. Les décors, eux, sont mieux peaufinés mais manquent de caractère : absence totale d’objets décoratifs, répétition des éléments. Mr Ikeda cherche encore son style et on lui pardonne de bon cœur quand on voit ses progrès au quatrième volume, n’imaginez pas que nous aboutissons directement au visuel de la partie droite de l’image ci-dessus, ça serait pas marrant. Donc les changements s’opèrent plus au niveau des yeux, de la forme du visage et des traits, le principal en gros. Pour atteindre la semi-perfection, il faudra patienter encore 2 tomes, la différence sera flagrante.

PS : Et si vous souhaitez admirer les reflets sur les cheveux de Tsukuné en version humain, la saison 2 saura vous ravir (chez les éditions Tonkam) !

Que retenir de tout ça ? Mon opinion est plutôt mitigée, d’une part je considère que l’incipit d’un manga nous renseigne sur sa totalité et que quand il n’est pas terrible, il le reste, mais dans les deux cas, Rosario + Vampire vient me prouver le contraire. Comme quoi en partant sur un mauvais pied, Ikeda a su mûrir et faire mûrir son manga à tous les niveaux, et ça, ça n’arrive pas tous les jours, on voit plutôt l’inverse. Bref, un manga imprévisible (parfois), certes assez léger et encore fragile mais en pleine progression, à suivre…


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